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ET LE CHEMIN

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ULTREÏA

Ultreïamélange de latin et langue « vulgaire » est une interjection de joie que se lançaient les pèlerins du Moyen Age pour se donner du courage tout au long du Chemin : ultra — au-delà — et eia, interjection évoquant un déplacement.

La vraie interjection semble être « E ultreïa, E susseïa » qui signifie « Plus loin, allons! Plus haut, allons!

Cette interjection se retrouve dans les strophes d’un chant du Codex Calixtinus – Liber Sancti Jacobi (Livre de Saint Jacques) de 1140, précieusement conservé maintenant dans le musée de la Cathédrale de Santiago après avoir fait l’objet d’un vol rocambolesque en 2011.

En voici le texte, traduit par l’historien et musicologue navarrais Eusebio Goicoechea Arrondo. 

Herru Sanctiagu   Seigneur Saint Jacques

Got Sanctiagu     Grand Saint Jacques

E ultreïa         Plus loin, allons!

E suseïa          Plus haut allons!

Deus adjuvat nos! Dieu aide nous!

Jean-Claude Benazet en a écrit un chant le « Chant des pèlerins de Compostelle »

Tous les matins nous prenons le chemin,
Tous les matins nous allons plus loin,
Jour après jour, la route nous appelle,
C’est la voix de Compostelle.

Ultreïa ! Ultreïa ! Et sus eia
Deus adjuva nos !

Chemin de terre et chemin de Foi,
Voie millénaire de l’Europe,
La voie lactée de Charlemagne,
C’est le chemin de tous les jacquets.

Ultreïa ! Ultreïa ! Et sus eia
Deus adjuva nos !

Et tout là-bas au bout du continent,
Messire Jacques nous attend,
Depuis toujours son sourire fixe,
Le soleil qui meurt au Finisterre.

Ultreïa ! Ultreïa ! Et sus eia
Deus adjuva nos !

LE CHEMIN

Source : https://www.lapelerine.com/

L’histoire de Compostelle

L’histoire pas à pas du Chemin de Saint-Jacques de Compostelle

Quelle est la véritable histoire du chemin de St Jacques de Compostelle ? D’où provient ce vif intérêt pour le pèlerinage qui mène à la cathédrale de Saint Jacques de Compostelle ?

Principales dates et repères historiques de Saint Jacques

La légende rapporte qu’après la Pentecôte, Saint Jacques le Majeur, Apôtre de Jésus, alla évangéliser l’Espagne. Il débarqua en Andalousie sur la côte méditerranéenne et de là il se rendit en Galice, région située à l’extrémité nord-ouest de la péninsule Ibérique. Après quelques années d’apostolat, il revint à Jérusalem où il fut décapité. Deux de ses disciples mirent son corps dans une barque et prirent la mer. La barque, poussée par le vent et les eaux, vint s’échouer au fond d’un estuaire de Galice où devait naître par la suite la ville d’Iria Flavia qui porte de nos jours, le nom de Padrón (avant dernière étape du chemin portugais avant d’arriver à St Jacques). Ses deux disciples enterrèrent le corps de l’apôtre à l’intérieur des terres, en un lieu où sera érigée la ville de Saint Jacques de Compostelle.

Il faut remonter au 25 juillet 813, date à laquelle l’ermite Pélage, guidé par une étoile mystérieuse, aurait découvert la sépulture de l’apôtre, dans un ancien cimetière. Le Champ de l’Etoile : Campus Stellae. Ainsi, les pèlerins ne tardèrent pas à venir honorer ces reliques.

En 834, Alphonse II, roi des Asturies, entama le chemin à partir d’Oviedo, traçant ainsi le premier chemin de pèlerinage vers Compostelle, nommé Camino primitivo, ou Chemin primitif. En 950-951, c’est l’évêque du Puy en Velay, Godescalc, qui effectue le pèlerinage au départ du Puy-en-Velay.

Grâce à la volonté des évêques successifs de l’église Saint-Jacques de Compostelle, le pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle allait rapidement s’organiser. Tout au long de l’itinéraire qui deviendra le Camino francés, de nouvelles villes naissent autour des ponts qui permettent de franchir les cours d’eau, et des abbayes et hôpitaux qui accueillent les pèlerins.

Pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle

Le pèlerinage atteint son apogée au XIIème siècle. C’est également de cette époque que date le Codex Calixtinus, recueil de textes consacrés à Saint Jacques le Majeur et à son pèlerinage, dont le cinquième livre, le Guide du pèlerin de Saint-Jacques-de-Compostelle, sera considéré comme l’ancêtre des guides de voyage. Il décrit notamment les quatre grandes voies françaises (au départ de Tours, Vézelay, Le Puy-en-Velay et Saint-Gilles), ainsi que les étapes espagnoles.

En suivant ces itinéraires, et bien d’autres qui ne laisseront pas de trace dans l’histoire (car le pèlerin partait de chez lui et se dirigeait vers des points de ralliement notoires), des milliers d’hommes et de femmes, de toutes conditions et horizons, se dirigent, à pied ou à cheval, vers le tombeau de l’apôtre.

Leurs motivations sont nombreuses, la plupart partent de leur propre chef pour obtenir des indulgences et gagner des grâces ; d’autres espèrent la guérison physique ; d’autres encore offrent les souffrances du chemin par pénitence, espérant ainsi la rémission de leurs péchés ; enfin, certains prisonniers sont condamnés à accomplir la marche enchaînés et pieds nus, pour obtenir la remise de leur peine.

Le pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle est l’un des trois grands pèlerinages de la chrétienté avec ceux de Rome et de Jérusalem. Il doit son origine à la résistance contre l’invasion musulmane. Dès le IXème siècle, Saint Jacques devient le patron de l’Espagne et le symbole de la reconquête sur l’Islam. Sous l’impulsion des Papes, de l’ordre de Cluny, des royaumes Catholiques du nord de l’Espagne et de divers ordres hospitaliers, il est un formidable moyen de communication. Dans l’Europe médiévale il draine, des hommes, des idées, des cultures, des techniques. Nombreuses sont les personnes à se lancer sur l’une des voies mythiques en direction de Saint Jacques de Compostelle.

Cependant, depuis la fin du 2ème millénaire, on constate un regain d’intérêt pour le Pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle.

Le Chemin de Saint Jacques de Compostelle

Le chemin de Saint Jacques de Compostelle en Espagne a été inscrit au Patrimoine Mondial par l’UNESCO en 1993. En 1998, l’UNESCO a inscrit au Patrimoine Mondial soixante-neuf monuments jalonnant les chemins de Saint Jacques en France et sept tronçons du chemin du Puy en Velay.

LES CHEMINS

Les principaux chemins en France (mais le chemin commence à sa porte)

Les principaux chemins en Europe (et à pied, évidemment)